Au mois d'avril, nous avons eu la joie de recevoir des vistes et d'accueillir, à 10 jours d'intervalle, une partie de la famille d'un filleul d'Hervé, puis une connaissance du Prieuré bénédictin d'Etiolles. Sympathique occasion de faire découvrir notre quotidien de vie, de mission, de répondre à des questions que nous en nous posons plus... et de mesurer le chemin parcouru. Joie d'un partage on ne peut plus réel (même si nous continuons d'apprécier les mails, skypes etc.)... et plaisir de retrouver quelques saveurs directement venues de France (les gourmands vous remercient!).

Nous leur avons demandé ce qu'ils avaient pensé de ces presque 2 semaines au Paraguay... voici ce qu'ils nous ont écrit :

"Nous aimons voyager et découvrir de nouveaux pays, et nous choisissons souvent des endroits où vivent des amis ou connaissances pour essayer de vivre un peu « de l’intérieur » ces nouveaux horizons… et être en contact avec des habitants. Le projet de Myriam et Hervé, parrain de Thibaud, nous a offert une nouvelle possibilité de vivre cette façon de voyager…

Nous sommes venus en avril, une petite quinzaine de jours, à une période qui commence à être la fin de l’été à Asunción… mais cela a quand même été pour nous un doublement de la température entre la Normandie et le Paraguay ! Difficile de résumer en quelques mots un séjour aussi riche… voici quand même quelques « flashes » :

Les sites à la hauteur de leur réputation :

  • IGUAZU – Les chutes d’Iguaçu, quel somptueux spectacle de la force de la nature. Certains visiteurs sont des partisans du point de vue côté brésilien, d’autres du côté argentin… nous on a beaucoup aimé les deux !

   

  • MISIONES – La visite des Missions jésuites (reduciones) dans le sud du Paraguay… probablement le site le moins visité parmi ceux inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité ! Pourtant il est incroyable d’imaginer comment une poignée de jésuites, en apprenant la langue et par la musique, ont pu créer avec les guaranis des organisations aussi prospères de plusieurs dizaines de milliers d’habitants… et ainsi les sauvegarder de l’esclavage. Parcourir les vestiges de Trininad a été un moment vraiment émouvant…

 

 Les expériences insolites !

  • LE BUS – Prendre le bus de ville n’est pas aisé ! Les plans n’existent pas… et les arrêts non plus… le 2ème jour nous avons parcouru une bonne distance à pied sur une avenue pour trouver un arrêt, pour finir par comprendre qu’en se postant regroupés et en agitant le bras, le bus s’arrête ! Une fois dans le bus, attention, dans nombre d’entre eux il n’y a pas de porte, et il ne faut pas traîner pour descendre, à peine arrêté le bus repart presque aussitôt !
  • EMPANADAS – Manger des « empanadas » constitue un incontournable local ! Sorte de feuilleté, à la viande en général, ça nourrit son homme !
  • GUARANI – Prononcer quelques mots de guarani, pas facile ! C’est une langue très gutturale, évidemment orale à l’origine, « sauvée » par les jésuites qui l’ont apprise et retranscrite. Aujourd’hui c’est la langue officielle avec l’espagnol (en fait le « castillan » qui est l’espagnol parlé localement).

 

  • MERCADO – Faire ses achats au Mercado cuatro, sorte de marché avec un dédale d’échoppes où l’on trouve absolument tout. Evidemment le grand plaisir du lieu, outre les couleurs et les odeurs, c’est la négociation pour acheter. Thibaud s’est bien amusé en négociant… sans parler espagnol !
  • FABLE DE LA FONTAINE – Baptiste (en classe de 3ème) devait apprendre une fable assez longue… le trajet aller-retour en minibus pour Iguaçu était le lieu idéal ! ça ne lui a pas trop mal réussi, il a eu une excellente note au retour ;-)

 

Ce qui nous a marqués…

  • INEGALITES – Les différences de classes sociales à la capitale Asunción … bien sûr on s’y attend, mais cela saute aux yeux et on a presque envie de tourner le regard en voyant les énormes voitures rutilantes passer à côté des gens dans la misère… surtout en réalisant comme le dit Myriam qu’en région parisienne, nous avons aussi nos bidonvilles que nous ne voyons pas ou ne voulons pas voir…
  • BIDONVILLES – L’étendue des bidonvilles par rapport à la taille de la ville est marquante. Nous n’en sommes pas revenus de voir un bidonville qui s’est installé devant le Parlement ! Avec Myriam et le prêtre de la paroisse où elle est en mission, nous avons « circulé » une fin d’après-midi à pied dans un bidonville et échangé un peu … la dignité des habitants était pourtant entière, c’est ce que nous avons perçu dans leurs regards.

 

De très belles rencontres…

  • LES PARAGAYENS – le pays est très très peu touristique, aussi il est vraiment agréable de n’être absolument pas sollicité en tant que « touriste » (même en voulant être incognito, difficile de passer inaperçus !). Malgré la barrière de la langue pour nous, nous avons perçu beaucoup de gentillesse, presque de douceur, probablement issues de la culture guarani. En tout cas des habitants que nous avons trouvés très agréables à côtoyer.
  • LES VOLONTAIRES DE Solidarité INTERNATIONALE – Nous avons beaucoup apprécié de rencontrer d’autres volontaires, pouvoir échanger sur leurs missions, loin des clichés de ceux que l’on imagine « partir faire de l’humanitaire ». La réalité de leur mission une fois sur place n’est parfois pas facile, en termes d’intégration, de sentiment « d’utilité réelle »… et finalement nous avons perçu que ce qui est le plus riche dans leur expérience, ce n’est pas tant ce qu’ils réalisent ou apportent, mais les rencontres qu’ils font.
  • ADOLESCENTS DE NOS AGES – Le moment probablement le plus marquant de notre séjour a été la rencontre avec un petit groupe d’adolescents de l’âge de Batiste et Thibaud, issus du bidonville où travaille Myriam, et pris en charge dans une école d’une congrégation religieuse française (mais sans une sœur française!). Le langage universel à cet âge, c’est le foot ! Deux parties de foot sur deux fins d’après-midi ont fait notre bonheur de sourires, de regards et gestes complices en se « chéckant »… merci Myriam de nous avoir permis de vivre ces moments.

 

Enfin, partager un peu le quotidien de Myriam, Hervé, Maylis, Nathanaël, Eve-Lise, pendant ce moment de leur vie nous a beaucoup touchés… nous les remercions encore pour leur accueil et surtout pour ce témoignage « en direct » qu’ils nous ont offert."

  

Merci à vous, les amis, d'être venus jusqu'à nous!