Le dimanche 10 juillet, les bañadenses se sont rappelés la venue du Pape, un an plus tôt et son message " Cette terre, c'est votre terre ! Unissez-vous pour défendre vos droits. Ne laissez pas le diable vous diviser !"

Le lundi 11 juillet, triste jour pour la justice : la sentence est tombée, injuste, cruelle, indigne, révoltante... dans le massacre de Curuguaty, seuls des paysans ont été condamnés.

 

Que s'est-il passé à Curuguaty le 15 juin 2012?

Des paysans sans terre... sans titre de propriété. Un politique (ex-président du parti Colorado - principal parti historique du Paraguay), qui se prétend propriétaire. L'Etat, véritable propriétaire de la terre qui donne aux gros et refuse de vendre aux petits... le ministre de l'intérieur qui donne l'ordre aux policiers de faire évacuer les campesinos d'une terre usurpée par ce politique (qui a acheté le procureur, les juges et les notaires locaux pour faire établir de faux titres de propriété)...

Un massacre : 11 campesinos et 6 policiers morts...et de nombreux blessés

Un coup d'Etat parlementaire : le président Lugo qui bousculait "l'ordre établi" avec ses mesures trop sociales (logements sociaux, accès à facilité et encouragé à l'éducation, accès gratuit à la santé, projet de réforme agraire...), accusé d'avoir failli dans cette affaire est destitué dans les 24 heures par un vote du parlement (fait officialisé le 22 juin par la mise en place d'un gouvernement de transition). A la suite de ce coup d'Etat de nombreux pays avaient rappelé leur ambassadeur du Paraguay, et le pays avait été exclu de plusieurs assemblées internationales.

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Une procédure judiciaire longue et complexe... une instruction à charge contre les paysans, de nombreuses preuves détruites, une première expertise balistique concluant que les balles auraient été tirées d'au-dessus (- d'un hélicoptère? - ), remise en mains propres au procureur, aurait été perdue. Une seconde a conclu à l'impossibilité d'avoir des certitudes...

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Depuis longtemps nombreux étaient ceux qui murmuraient "la justice est du côté de ceux qui peuvent payer les juges. Les campesinos n'ont aucune chance!"

11 campesinos morts et 6 policiers...et après 4 interminables années de procédure (et d'incarcération pour les campesinos accusés!), le verdict tombe : de 4 à 30 années d'emprisonnement pour 7 paysans.

Aucune condamnation de policiers.

Aucun politique ou qui que ce soit d'autre inquiété!

 

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L'ambiance est bouillante au palais d'injustice. Dans la salle d'audience, des familles et avocats se sont enchainés et refusent de sortir tant qu'ils ne seront pas entendus pas les juges qui ont prononcé les condamnations.

DSCF8804A l'extérieur la mobilisation citoyenne des campesinos, citoyens (dont de nombreux volontaires de Decidamos) et bañadenses (dont la majorité puise ses racines dans le campo) ne faiblit pas... jusqu'à tard, elle a pris la forme d'un festival d'art et de libre expression en soutien aux paysans injustement condamnés.

Le drapeau du Paraguay flotte au-dessus des manifestants : "Paz y Justicia" (paix et justice). Una mentira (un mensonge)? Claro que sí!!! (Clairement!)

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Ce soir c'est son manteau de deuil que la nuit déploie sur le Paraguay...

pour aller plus loin sur ce sujet :


http://ccfd-terresolidaire.org/projets/ameriques/paraguay/un-an-apres-le-massacre-4248

http://www.courrierinternational.com/breve/2012/06/20/commission-d-enquete-sur-un-massacre

http://www.alterinfos.org/spip.php?article6886

http://www.courrierinternational.com/article/2004/06/03/comment-le-soja-chasse-les-paysans-de-leurs-terres
http://www.courrierinternational.com/article/2012/04/05/la-revolte-des-sans-terre