La dernière semaine de juillet et la première d'août, il a fallu boucler nos missions et dire au-revoir...

 

DSCF7116Hervé a préparé et réalisé l'évaluation de la dernière grande feria gastronomique et paysanne organisée par Decidamos, et il a finalisé l'impression d'une brochure à l'attention des campesinos répertoriant les maladies affectant les cultures, et les traitements naturels utilisables pour éviter l'usage d'agro-chimie.

 

evaluation formation diagMyriam a réalisé l'évaluation du processus de formation et du diagnostic social réalisés avec les agents pastoraux sur une période de 25 semaines (et 22 ateliers). A l'issue de cette évaluation, elle a présenté les résultats du diagnostic et les 3 priorités d'action qui s'en dégagent à un groupe élargi d'agents pastoraux. A cette occasion, une date a été prise avec les acteurs concernés pour poursuivre le travail réalisé et engager la mise en œuvre concrète des actions préconisées.

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Elle a aussi formé la nouvelle secrétaire à l'utilisation du tableau Excel créé pour suivre la comptabilité quotidienne de la paroisse.

 

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Ensuite, il a fallu vider et nettoyer l'appartement; faire, peser ...et refaire les sacs pour le voyage... actes nécessaires, incontournables... mais oh combien pénibles, surtout quand on n'a que très moyennement envie de partir!!!

 

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Dans cette période, nos rayons de soleil ont été les despedidas (fêtes d'adieux) quasi-quotidiennes et tous les témoignages d'amitié que nous avons reçus.

Chers amis paraguayens, chers volontaires croisés sur nos routes communes paraguayennes, chers amis français qui avez su vous intéresser à d'autres réalités que celle de l'expatriation... vous allez nous manquer! Aguyje (merci en guarani)!No les olvidaremos...

 

 

 

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La veille de notre départ, nous avions tous le moral un peu pluvieux... merci à Bruno qui a su nous accueillir chez lui, nous dorloter superbement ... et nous prêter son pèse-personne!!!

Avant de les coucher, nous avons demandé aux enfants ce qui allait leur manquer du Paraguay et ce qu'ils seraient heureux de retrouver en France. Voici ce qu'ils ont répondu.

 

 

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Eve-Lise : "je vais perdre tous les animaux que j'ai découvert : les colibris, les oiseaux jaunes, bleus ou à tête rouge, les toucans, les beaux papillons, les nandous, les lamas, les vigognes, les chinchillas... les bons jus de fruits frais et notre appartement. Mais je vais être contente de quitter les chiens qui aboient toute la nuit, les pétards et les feux d'artifices qu'on entend presque tous les jours (et souvent la nuit aussi!).

Je vais être contente de retrouver notre maison, mes amies, les cousins/cousines, les papis, mamies et mamé, les tontons et taties, parrain et marraine... enfin, tous ceux qu'on aime quoi!"

Nathanaël : "Ce qui va me manquer? Mes copains de mes deux écoles (française et paraguayenne), mon équipe de foot... y'a beaucoup de personnes qui vont me manquer! Les ateliers de peinture, les fruits exotiques (goyaves, fruits de la passion, mangues...). Nos voyages, les montagnes de Bolivie, le salar d'Uyuni, les lagunas... observer des colibris qui butinent...

Ce que je vais être content de retrouver: mes copains, la famille, ma chambre"

Maylis : "Je vais regretter les fruits (fruits de la passion, mangues, bananes d'or, goyaves, mandarines, noix de coco, ananas...) , le climat, le club français (Le Moustier) avec sa belle piscine extérieure toute l'année, notre appartement, visiter de nouveaux pays et découvrir tant de nouvelles choses et... les abrazos!

J'ai hâte de retrouver mes potes, la famille et notre maison!, les montagnes, la neige, la mer, les bonbons (dragibus, smarties, nounours à la guimauve, chamalow...) ", le silence dans ma chambre et les gens qui parlent français autour de nous!"

 

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Ils ont conclu sur le fait qu'au départ, qu'ils n'avaient pas très envie de venir... mais qu'aujourd'hui ils étaient très contents d'être venus!!

Pendant cette année si particulière, nous avons été un pont entre deux cultures, deux communautés (la paraguayenne, et la française au Paraguay), nous avons découvert des hommes et des femmes engagés, d'une profonde humanité, qui luttent chaque jour pour bâtir une société plus solidaire, plus citoyenne, moins corrompue et moins inégalitaire. Une société vibrante d'espérance et de fraternité... où la justice aurait sa place!

Comme les minuscules colibris, nous avons tenté d'apporter notre goûte d'eau à ce si vaste chantier. humblement, avec patience, avec nos sourires en gardant toujours nos cœurs et nos oreilles grands ouverts.

 

DSCF9735Nous avons appris à regarder au-delà des bâtiments décrépis, des trous dans la route, des trottoirs défoncés et à regarder la beauté des rues couronnées par les lapachos en fleur ou égayées par les tags géants et colorés qui tapissent le vieux centre d'Asunción ;  à manger la cuisine grasse et très (trop pour nous!) salée...  et à cuisiner local en salant moins et en utilisant moins d'huile! Nous avons apprécié la chaleur de l'accueil, en respectant le caractère très secret des paraguayens. Nous avons accueillis la multitude d'invitations spontanées en apprenant à ne pas attendre qu'elles soient suivies d'effet (cela évite les déceptions!), nous avons goûté la bienveillance des paraguayens, été étonnés par  leur patriotisme et leur si grande fierté d'être paraguayen... tout en déplorant leur défaitisme face à la corruption ou au système ultra-inégalitaire qui a cours dans le pays (taux d'emprunts entre  18% dans les coopératives et 40 à  60% dans les banques; contrats de location abusifs, rédaction de faux titres de propriété etc.) et leur tendance à se considérer comme incapables de mener certains projets sans une aide extérieure. Nous avons appris à partager le teréré ou le maté (tout dépend la température extérieure!) sans considérer ce temps comme du temps perdu... mais à y voir au contraire l'opportunité de tisser le lien et d'accepter l'amitié que témoigne le passage de la bombilla de bouche en bouche.

Nous nous sommes émerveillés des saveurs, des couleurs, des odeurs...

 

DSCF9744Nous avons admiré des lieux chargés d'histoire, l'habileté des dentelières et des tisseurs d'argent...

Nous avons développé  les muscles de nos mollets et notre capacité respiratoire à ne nous déplacer qu'en vélo (même en tongues!)... et compris (et adopté!) l'habitude paraguayenne de se doucher 3 ou 4 fois par jour!!!

Mais surtout, ce sont les moments partagés avec les paraguayens du bañado, du campo, et de Decidamos que nous retiendrons de cette expérience et tous les questionnements que nous avons pu nourrir en famille à cette occasion.

Il ne va pas être simple de retrouver le rythme fou de région parisienne et notre vie franco-française. D'autant plus dans le contexte actuel de peur des attentats et de défiance généralisée... nous comptons sur l'amitié de ceux qui ne manqueront pas de nous entourer à notre retour pour nous aider à effectuer cette réacclimatation en douceur (sauf en ce qui concerne la peur de l'Autre!).

Merci à tous pour votre soutien sans faille tout au long de cette belle aventure qui nous a tant nourris, et portés dans les moments moins évidents.

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